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journée d'études / Langues asiatiques et politiques linguistiques éducatives en France et en Europe : perspectives historiques et enjeux contemporains
Publié le 15 mai 2026
–
Mis à jour le 15 mai 2026
Date(s)
le 23 juin 2026
23 juin 2026 / 9h-18h
MSH Lyon-Saint-Étienne, Espace Marc Bloch
14, avenue Berthelot — Lyon 7e
MSH Lyon-Saint-Étienne, Espace Marc Bloch
14, avenue Berthelot — Lyon 7e
En France et plus largement en Europe, l’enseignement des langues asiatiques s’inscrit dans une histoire longue, marquée par des configurations politiques, institutionnelles et idéologiques spécifiques. Depuis les premiers enseignements savants liés aux missions religieuses, aux entreprises coloniales et aux savoirs érudits jusqu’à leur intégration progressive dans les systèmes éducatifs modernes, ces langues ont été constituées comme objets stratégiques, universitaires et scolaires, en étroite relation avec les contextes historiques et socio-politiques dans lesquels elles ont été enseignées et transmises.
Dans cette perspective historique, l’enseignement des langues asiatiques peut être envisagé comme un observatoire privilégié des politiques linguistiques éducatives, entendues comme l’ensemble des dispositifs, discours et pratiques par lesquels les États et les institutions éducatives organisent, hiérarchisent et légitiment les langues (Spolsky, 2004 ; Shohamy, 2006). Il permet ainsi de mettre en lumière les rapports de pouvoir, les conceptions du savoir linguistique et les priorités politiques qui structurent les systèmes éducatifs européens.
Sur le plan théorique, cette journée d’études se situe dans le champ du language policy and planning, en considérant la politique linguistique non seulement comme un ensemble de décisions explicites, mais comme une constellation de discours, de pratiques et d’instruments (programmes, concours, manuels, certifications). Les travaux dans ce champ ont notamment mis en évidence le rôle central des institutions éducatives et de leurs instruments dans la production de politiques linguistiques, en particulier implicites (Spolsky, 2004 ; Shohamy, 2006 ; Tollefson, 1991).
Inscrite dans ce cadre analytique, l’étude des langues asiatiques en Europe ne peut être dissociée de l’histoire de la constitution des savoirs linguistiques et philologiques. En France, leur institutionnalisation progressive au XIXᵉ siècle (Collège de France, École des langues orientales) participe à la formation de disciplines académiques, à la fixation de normes descriptives et à la définition de méthodes pédagogiques. Ces processus relèvent de politiques linguistiques éducatives implicites, qui déterminent ce qu’est une « langue enseignable » et un savoir légitime (Auroux, 1992). Par ailleurs, les circulations européennes et les transferts de modèles pédagogiques ont joué un rôle structurant. Dans le cas du chinois, une approche historico-épistémologique a mis en évidence des dynamiques de continuité et de rupture dans les choix disciplinaires (Zhang, 2016).
Toutefois, ces héritages historiques et institutionnels se trouvent aujourd’hui confrontés aux évolutions des systèmes éducatifs européens, marquées par la rationalisation de l’offre linguistique, la domination de certaines langues à forte diffusion et les logiques d’internationalisation. Dans ce cadre, les langues asiatiques occupent une place ambivalente : elles sont valorisées dans les discours sur l’ouverture internationale et sur la diversification linguistique, mais restent marginales dans les pratiques institutionnelles (faible diffusion territoriale, rareté des concours, accès limité). Malgré les cadres européens en faveur du plurilinguisme, l’offre réelle demeure dominée par un nombre restreint de langues à forte diffusion (Grin, 2003 ; Phillipson, 2009). La notion de « langues à faible diffusion », mobilisée notamment par le Conseil de l’Europe, permet de qualifier ce statut institutionnel fragile (Conseil de l’Europe, 2003).
Dans cette perspective, et en croisant approches historiques, sociolinguistiques et didactiques, cette journée vise à montrer que les enjeux contemporains liés aux langues asiatiques ne peuvent être compris sans une analyse des trajectoires historiques de leur institutionnalisation dans les politiques éducatives européennes.
comité scientifique
BAZANTAY Jean — INALCO (Paris) ;
BELLASSEN Joël — INALCO (Paris) ;
DAO Huy Linh — INALCO (Paris) ;
DO-HURINVILLE Danh-Thành — Université Marie et Louis Pasteur (Besançon) ;
GIANNINOTO Mariarosaria — Université Paul Valéry Montpellier 3 ;
HUANG Zhao Alexandre — Université Gustave Eiffel (Marne-la-Valée, Paris et province) ;
LIN-ZUCKER Miao — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
NODA Hiroko — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
RAO CHEN Ya — Université Lumière Lyon 2 ;
SOLOMON Jon — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
YUN-ROGER Soyoung — Université Paris Cité ;
ZHANG-COLIN Ying — Université Paris Nanterre.
comité d'organisation
JEANTON Tom — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
LIN-ZUCKER Miao — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
MANNO Chiara — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
M'GHARI Younès — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
RAO CHEN Ya — Université Lumière Lyon 2 ;
SONG Jinke — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
ZHANG-COLIN Ying — Université Paris Nanterre.
La journée est organisée par Centre d’Études Linguistiques – Corpus, Discours et Sociétés (CEL, Lyon 3) en partenariat avec le Centre de Recherches Pluridisciplinaires Multilingues (CRPM, Université Paris Nanterre) et le Centre de Recherche en Linguistique Appliquée (CeRLA, Lyon 2).
Dans cette perspective historique, l’enseignement des langues asiatiques peut être envisagé comme un observatoire privilégié des politiques linguistiques éducatives, entendues comme l’ensemble des dispositifs, discours et pratiques par lesquels les États et les institutions éducatives organisent, hiérarchisent et légitiment les langues (Spolsky, 2004 ; Shohamy, 2006). Il permet ainsi de mettre en lumière les rapports de pouvoir, les conceptions du savoir linguistique et les priorités politiques qui structurent les systèmes éducatifs européens.
Sur le plan théorique, cette journée d’études se situe dans le champ du language policy and planning, en considérant la politique linguistique non seulement comme un ensemble de décisions explicites, mais comme une constellation de discours, de pratiques et d’instruments (programmes, concours, manuels, certifications). Les travaux dans ce champ ont notamment mis en évidence le rôle central des institutions éducatives et de leurs instruments dans la production de politiques linguistiques, en particulier implicites (Spolsky, 2004 ; Shohamy, 2006 ; Tollefson, 1991).
Inscrite dans ce cadre analytique, l’étude des langues asiatiques en Europe ne peut être dissociée de l’histoire de la constitution des savoirs linguistiques et philologiques. En France, leur institutionnalisation progressive au XIXᵉ siècle (Collège de France, École des langues orientales) participe à la formation de disciplines académiques, à la fixation de normes descriptives et à la définition de méthodes pédagogiques. Ces processus relèvent de politiques linguistiques éducatives implicites, qui déterminent ce qu’est une « langue enseignable » et un savoir légitime (Auroux, 1992). Par ailleurs, les circulations européennes et les transferts de modèles pédagogiques ont joué un rôle structurant. Dans le cas du chinois, une approche historico-épistémologique a mis en évidence des dynamiques de continuité et de rupture dans les choix disciplinaires (Zhang, 2016).
Toutefois, ces héritages historiques et institutionnels se trouvent aujourd’hui confrontés aux évolutions des systèmes éducatifs européens, marquées par la rationalisation de l’offre linguistique, la domination de certaines langues à forte diffusion et les logiques d’internationalisation. Dans ce cadre, les langues asiatiques occupent une place ambivalente : elles sont valorisées dans les discours sur l’ouverture internationale et sur la diversification linguistique, mais restent marginales dans les pratiques institutionnelles (faible diffusion territoriale, rareté des concours, accès limité). Malgré les cadres européens en faveur du plurilinguisme, l’offre réelle demeure dominée par un nombre restreint de langues à forte diffusion (Grin, 2003 ; Phillipson, 2009). La notion de « langues à faible diffusion », mobilisée notamment par le Conseil de l’Europe, permet de qualifier ce statut institutionnel fragile (Conseil de l’Europe, 2003).
Dans cette perspective, et en croisant approches historiques, sociolinguistiques et didactiques, cette journée vise à montrer que les enjeux contemporains liés aux langues asiatiques ne peuvent être compris sans une analyse des trajectoires historiques de leur institutionnalisation dans les politiques éducatives européennes.
comité scientifique
BAZANTAY Jean — INALCO (Paris) ;
BELLASSEN Joël — INALCO (Paris) ;
DAO Huy Linh — INALCO (Paris) ;
DO-HURINVILLE Danh-Thành — Université Marie et Louis Pasteur (Besançon) ;
GIANNINOTO Mariarosaria — Université Paul Valéry Montpellier 3 ;
HUANG Zhao Alexandre — Université Gustave Eiffel (Marne-la-Valée, Paris et province) ;
LIN-ZUCKER Miao — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
NODA Hiroko — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
RAO CHEN Ya — Université Lumière Lyon 2 ;
SOLOMON Jon — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
YUN-ROGER Soyoung — Université Paris Cité ;
ZHANG-COLIN Ying — Université Paris Nanterre.
comité d'organisation
JEANTON Tom — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
LIN-ZUCKER Miao — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
MANNO Chiara — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
M'GHARI Younès — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
RAO CHEN Ya — Université Lumière Lyon 2 ;
SONG Jinke — Université Jean Moulin Lyon 3 ;
ZHANG-COLIN Ying — Université Paris Nanterre.
La journée est organisée par Centre d’Études Linguistiques – Corpus, Discours et Sociétés (CEL, Lyon 3) en partenariat avec le Centre de Recherches Pluridisciplinaires Multilingues (CRPM, Université Paris Nanterre) et le Centre de Recherche en Linguistique Appliquée (CeRLA, Lyon 2).
Mis à jour le 15 mai 2026