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atelier-recherche / FRAGILE, Serena Massimo

Publié le 23 janvier 2026 Mis à jour le 23 janvier 2026
Date(s)

le 20 février 2026

15h-18h
l'atelier est ouvert à tous et toutes sur simple inscription à : lquaquarelli@parisnanterre.fr
 
Lieu(x)

Bâtiment Ida Maier (V)

salle R14
Ce séminaire-atelier sur le fragile s’inscrit dans le champ de l’esthétique philosophique et de la nouvelle phénoménologie (Schmitz 1965) et vise à dépasser les dualismes entre théorie et pratique, corps et esprit, sujet et monde. Il prend pour point d’appui l’expérience « aisthétique », conçue comme configuration affective du sentir s'appuyant sur la coïncidence entre sentir et mouvement ainsi qu’entre sentir, mouvement et espace (Straus 1930). Le sentir est envisagé comme surgissant de l'entre-deux instable qui emerge entre le sujet et le monde et qui continue la condition de possibilité de l’expressivité artistique.
Dans cette perspective, le fragile est pensé comme une condition synesthésique et relationnelle, distincte du vulnérable, qui invite à adapter sa manière de se porter plutôt qu’à intervenir par un soin ciblé. L’insistance sur cette incertitude comme condition de possibilité d’un élan reconfigurant se nourrit également de la notion de « portance » (de Saint Aubert 20, 333). La portance relie sentir et mouvement, mais est constitutivement précaire et se manifeste dans les phases de fragilité de la vie, nécessitant la confiance dans des appuis « à venir ».
Le processus créatif est conçu comme heuristique, fondé sur la capacité à accueillir le discomfort et la déstabilisation comme ressources expressives, dans une attitude ludique et non réifiante d’exploration et de complicité avec le monde (Boissière 2023). Les pratiques corporelles et collectives activent des formes de « communication solidaire » (Schmitz 1965), où le sentir se configure de manière partagée à travers des dynamiques communes d’action, de soutien et de co-figuration sensible. Une attention particulière est portée à l’expérience féminine « ressentie » (Gahlings 2011), afin de déconstruire l’assimilation de la fragilité à la faiblesse et de la penser comme puissance relationnelle fondée sur des équilibres précaires et partagés.

Le séminaire sera aussi l'occasion de présenter le projet postdoctoral "La répétition gestuelle comme re-écriture du faire commun : danse, écriture et sensibilité en partage" et sera suivi d'un moment festif.
 
Bibliographie
 
BOISSIÈRE, Anne, L’Art ou le vivant du jeu, Liège, Presses universitaires de Liège, 2023.
DE SAINT AUBERT, Emmanuel, « Introduction à la notion de portance », Archives de philosophie, 2016/2, t. 79, p. 317-343.
GAHLINGS, Ute, Phänomenologie der weiblichen Leiberfahrungen, Freiburg–München, Karl Alber, 2011.
GRIFFERO, Tonino, Atmospheres. Aesthetics of Emotional Spaces, London, Routledge, 2014 (éd. orig. 2010).
QUAQUARELLI, Lucia (dir.), En-commun. Lieux, pratiques, imaginaires du commun, Nanterre, Presses Universitaires Paris Nanterre, 2022.
COHEN-AVENEL, Pascale, QUAQUARELLI, Lucia (dir.), Thinking in Common. Community in the Global Era, Bruxelles, Peter Lang, 2021.
SCHMITZ, Hermann, Der Leib, Berlin, De Gruyter, 2011.
SCHMITZ, Hermann, System der Philosophie, vol. I–X (1968–1980), Freiburg–München, Karl Alber, 2019.
SCHMITZ, Hermann, Die Wahrnehmung. System der Philosophie, vol. III, 5 (1978), Freiburg, Karl Alber, 2019.

Mis à jour le 23 janvier 2026