atelier-recherche / FAIRE-COMMUN 1 avec HELMI DRIDI
Publié le 13 février 2026–Mis à jour le 13 février 2026
Les ateliers de recherche-création collaborative “FAIRE-COMMUN” sont organisés dans le cadre du projet de recherche post-doctorale “La répétition gestuelle comme re-écriture du faire commun : danse, écriture et sensibilité en partage”, porté par Serena Massimo, lauréate de l’Alliance Paris Lumières, au sein du CRPM et en collaboration avec GRHAPES, Groupe de recherche sur le handicap, l’accessibilité, les pratiques éducatives et scolaires, de l’INSEI.
Date(s)
le 3 avril 2026
15h-18h
L’atelier interroge la répétition gestuelle comme dispositif d’attention, de transformation et de co‑écriture du sensible. Il s’ancre dans une démarche de recherche-création collaborative croisant pratique corporelle et réflexion théorique.
Mon travail s’inscrit dans le champ du théâtre physique, envisagé comme une écriture scénique où le corps constitue à la fois le point de départ et le point d’arrivée de l’action dramatique. Je m’intéresse à la manière dont le geste, avant toute formulation verbale, produit déjà du sens, de la relation et de la dramaturgie. Le corps est pour moi un langage en soi, qu’il s’agisse de gestes quotidiens, de postures héritées ou de formes plus composées issues du travail scénique.
Ma pratique se développe dans un dialogue avec le théâtre anthropologique et certaines figures fondatrices telles que Jerzy Grotowski, Eugenio Barba ou Pina Bausch, tout en restant attentive aux rituels sociaux et culturels ordinaires qui traversent nos corps au quotidien. Je travaille à partir de dispositifs fondés sur la répétition et la variation, la précision du geste, l’engagement physique – incluant fatigue et endurance – ainsi que le recours à l’imaginaire comme moteur d’action.
Dans cette perspective, le verbe n’est jamais exclu, mais intervient dans un second temps, comme une couche supplémentaire venant se superposer au travail corporel. Cette stratification permet d’ouvrir plusieurs niveaux de lecture : le corps agit d’abord, puis le langage vient éclairer, déplacer ou complexifier ce qui a été éprouvé physiquement. Dans les ateliers que je mène, je me situe comme chercheur-praticien. Mon objectif est à la fois de transmettre des outils issus de la pratique du théâtre physique et d’ouvrir un champ de recherche où la répétition gestuelle devient un moyen d’explorer le corps comme mémoire, comme écriture et comme espace de fabrication du commun.
Lors de l’atelier, nous allons travailler avec des gestes simples, parfois issus de souvenirs, parfois issus de formes culturelles partagées. Il ne s’agit ni de performance, ni de thérapie, ni de récit autobiographique. Ce qui importe, c’est ce que le corps sait déjà, ce qu’il répète, et ce qui se transforme lorsque le geste est rejoué, déplacé, partagé. La répétition sera ainsi envisagée comme un laboratoire : elle permet de rendre visibles des mémoires incorporées –sensorielles, affectives, sociales, culturelles –, sans avoir à les expliquer ou à les interpréter immédiatement.
L'atelier s'organise en 4 séquences - Mise en disponibilité et en confiance ; Corps-mémoire ; Rectangle ; Mémoire collective - et est suivi d'un temps de restitution et d'échange.
Coordination scientifique et organisation : Olivia Lewi (GRHAPES, INSEI), Serena Massimo (CRPM, Paris Nanterre), Lucia Quaquarelli (CRPM, Paris Nanterre)
Acteur et metteur en scène franco-tunisien, diplômé de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique de Tunis, Helmi DRIDI s’attache à une pratique exigeante et sensible du jeu et de la mise en scène. Son parcours s’est enrichi au contact d’élèves de Jerzy Grotowski et d’Eugenio Barba, ainsi qu’au fil de collaborations, en tant qu’acteur, avec des réalisateurs de renom au sein de projets nationaux et internationaux, nourrissant sa direction d’acteurs.
Investi dans la transmission, il conçoit un enseignement articulant rigueur technique, travail du corps et de la voix, et développement de l’imaginaire.