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colloque international / Machines à écrire, machines à voir

Publié le 9 octobre 2026 – Mis à jour le 9 octobre 2026

Le colloque est organisé dans le cadre du projet international "Espace, Déplacement, Mobilité", porté par le CRPM en collaboration avec le département de Sociologia e Ricerca Sociale, Università Milano Bicocca et le Centre for Advanced Studies in Mobility & Humanities, Dissgea, Università di Padova.

Date(s)

du 2 décembre 2026 au 3 décembre 2026

2 décembre 13h30-18h30, Salle de Conférences
3 décembre 9h-18h30, Salle de Séminaire 2
Lieu(x)

Bâtiment Max Weber (W)

À quoi nous servent les modes de transports ? S’ils répondent à des besoins comme le franchissement rapides des distances ou l’acheminement du fret, et si leur multiples formes, du char au jet, de la bicyclette au paquebot, du train au funiculaire, s’explique par la multiplicité des pratiques de déplacement individuel ou collectif, sur mer, sur terre ou dans les airs, sur des voies ferrées ou non, et à leur histoire, il n’en reste pas moins que leur signification et leurs usages débordent la question de la translation d’un point A à un point B. Marqueur de statut social, symbole de réussite et de liberté, preuve de la capacité de l’humain à triompher des forces de la nature ou figuration de l’hybris, étendard d’idéologies technosolutionnistes et technofascistes, les machines qui nous déplacent ou que nous déplaçons, ainsi que les structures et systèmes des mobilités qu’elles impliquent, entrent en effet dans un réseau de significations, de valeurs et de discours qu’elles façonnent à leur tour.
Des chercheuses et des chercheurs issu·es des sciences des littératures ont pris en charge l’analyse de certains de ces discours. Depuis plus d’une cinquantaine d’années puis, à partir de 2006, sous l’égide du New Mobilities Paradigm, des Mobility Humanities et des Literary Mobilities Studies, mais aussi parallèlement, les recherches sur les modes de transports modernes portent sur les trains, les tramways , l’automobilité, le cyclisme et l’aéromobilité. Les mobilités modernes sont aussi abordées depuis des perspectives qui s’émancipent, à divers degrés, des approches modales héritées de l’Histoire des transports. Ces études prennent en considération l’ensemble des modes de transports à l’échelle d’un récit ou d’une œuvre, d’un motif central, d’un mouvement littéraire, d’un type de mobilité, d’une aire linguistique, géographique et culturelle, d’une période historique ou du prisme du genre.
Les modes de transports et les mobilités analysées au sein de ces recherches y apparaissent comme des enchevêtrements de systèmes sociotechniques de déplacement et de systèmes discursifs et poétiques de narrations et de description. Entre autres, leur usage contredit l’idée que la relation de l’humain à l’espace doit être comprise à partir de la position de l’observateur immobile face au monde ou de la ressemblance entre un personnage et son lieu propre. Loin d’être un simple thème, ces machines ont des fonctions ; elles sont, pour reprendre les mots de Philippe Hamon, « des sortes de parloirs, des machines où l’on rêve, où l’on converse, où l’on produit des fictions ». Or, ces premiers constats ne sont pas restreints au discours littéraire. Ils sont partagés par d’autres manières d’interroger les discours et les pratiques humaines. Il y a longtemps, par exemple, que les publicités vantant les mérites des automobiles ou des trains disent autre chose que leur capacité de locomotion. L’étude du développement de l’industrie du tourisme et de sa manière de mettre en scène les vitesses nouvelles font en effet des modes de transports modernes des « machines à voir » qui créent ou renouvellent les images et les significations tant du proche que des lointains.
Le colloque « machines à écrire, machines à voir » invite partant les chercheuses et chercheurs intéressé·es par ces objets et par les narrations qu’ils participent à construire a) à faire collectivement une première synthèse des recherches produites jusqu’à présent sur les modes de transports, et plus particulièrement, b) à évaluer la capacité des innovations des techniques de transport à modifier la narration, la construction d'une intrigue, la manière de raconter une histoire – qu'il s'agisse d'une transformation du récit du fait de l'irruption dans l'histoire d'un mode de transport ou du fait de l'évolution des structures de mobilité et de fret – à partir de toutes formes de narration, qu'elles soient littéraires, filmiques, vidéoludiques, fictionnelles ou non, publiées ou encore récoltées lors d'entretiens sociologiques ; c) à étudier, dans ce cadre narratif, la manière dont ces mobilités motorisées produisent un espace ou des lieux ; d) à proposer des cadres théoriques, des méthodes, des approches ou des corpus qui permettraient de caractériser mieux encore l’usage, les fonctions et les significations du recours aux modes de transports pour façonner une narration ; d) à penser les cadres d’une poétique et d’une narratologie des modes de transports modernes.

Projet scientifique
Adrien Frenay

Comité scientifique
  • Henri Desbois, Université Paris Nanterre
  • Adrien Frenay, Université Paris Nanterre
  • Lucia Quaquarelli, Université Paris Nanterre
  • Simon Gosselin, Université Rennes 2
  • Matthieu Letourneux, Université Paris Nanterre
  • Anaïs Goudmand, Sorbonne
  • Aurélie Huz, Université Paris Nanterre
  • Matteo Colleoni, Università Milano Bicocca
  • Tania Rossetto, Università di Padova
  • Giada Peterle, Università di Padova

Comité d’organisation / Adrien Frenay, Lucia Quaquarelli, Lucia Chiavassa, Giacomo Gaggiassi, Nerida Woodhams Bertozzi, Chiara De Luca

Le colloque est organisé avec la collaboration du CSLF, Centre des Sciences des Littératures en langue Française.

Mis à jour le 09 octobre 2026