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Selbstbild und Image Deutschlands auf den Weltausstellungen

Pascale Cohen-Avenel (dir.)

Publié le 9 janvier 2018 Mis à jour le 9 janvier 2018

2017 - Ouvrage publié avec le concours de l’UFR LCE et du Centre de recherches pluridisciplinaires multilingues - EA 4418 CRPM de l'Université Paris Nanterre

  Dès leur création à Londres en 1851, les expositions universelles se font la vitrine d’une industrie en plein essor, source de rêve et d’une ouverture du champ des possibles jusqu’à l’infini, une fonction qu’elles conservèrent jusqu’à l’apothéose de la technique à Paris en 1900. C’est à cette époque, entre 1880 et 1914 que l’Allemagne tente de s’imposer comme un géant industriel. L’exposition américaine de Saint-Louis de 1904 1coïncide avec la lutte des industriels allemands pour faire reconnaître leur nouveau statut au niveau mondial. Alors que l’économie allemande surpasse ses voisins européens dès 1900, il faut attendre l’an 2 000 pour que l’Allemagne ait son exposition universelle, tandis que Paris en accueillit pas moins de six. Pourtant, à quelques rares exceptions près, l’Allemagne participa activement à la plupart des expositions universelles. Le pavillon nazi de 1937, en face du pavillon soviétique, au Trocadéro, est incontestablement celui qui marqua le plus les esprits.
C’était pourtant l’unique fois où l’Etat allemand organisa ainsi sa propre mise en scène. Dans les autres expositions ce sont les firmes allemandes qui financent les pavillons à leur gloire. C’est sans doute cette absence de représentation nationale revendiquée comme telle, à l’inverse de la France, qui justifie l’absence, à ce jour, d’un volume entièrement consacré à l’Allemagne dans ces expositions. Mais c’est également le caractère si problématique de l’auto-définition de l’Allemagne durant toutes ces années qui rend la question passionnante. Quelle Allemagne aurait-elle pu se donner à voir ? Une Allemagne éclatée jusqu’en 1866 avec la Confédération germanique, le IIe Reich de Bismarck et Guillaume II, la République de Weimar, l’Allemagne nazie du IIIe Reich, ou l’Allemagne divisée de la guerre froide ou, enfin l’Allemagne réunifiée d’aujourd’hui ?

Dans la mouvance des recherches actuelles sur les expositions et les représentations nationales et identitaires2, le présent volume propose d’étudier les différentes auto-images de l’Allemagne au fil des expositions ainsi que la perception que purent en avoir les visiteurs et les commentateurs des différents pays participants et organisateurs. Ces études permettront de mieux cerner à la fois le positionnement souhaité par les Allemands dans le concert des nations industrielles, comme le fait Abigael Green pour les expositions entre 1851 et 18623, époque où la seule unité allemande partielle est économique, avec le Zollverein4et de confronter ces attentes avec la réaction des visiteurs dans des contextes politiques très variés.

Ces recherches permettront également de mieux comprendre comment et pourquoi l’Allemagne a pu s’imposer aux yeux du monde comme grande puissance industrielle sans être pour autant une grande puissance politique.
  • Pascale Cohen-Avenel est Professeure en histoire des idées et littérature allemandes à l'Université Paris Nanterre et co-directrice de l'EA 4418 CRPM

Königshausen & Neumann

ISBN: 978-3-8260-5913-1

Mis à jour le 09 janvier 2018